Il y a des intérieurs qui ressemblent à un rêve qu'on a déjà fait, comme une réminiscence. Un jour, un client m'a dit : "votre univers a quelque chose d'onirique." Ce Miami rêvé des années 70, ces pastels et ambiances vaporeuses qui n'existaient que dans cette décennie, les formes extravagantes qui occupent l'espace comme dans un décor de film. Un lampadaire palmier en laiton dans un angle, un flamant rose sur fond poudré, une lumière chaude et rasante sur de la céramique et verre de Murano.
Cette semaine, j'aimerais partager l'une des femmes qui a le plus influencé ma vision du design d'intérieur : Barbara D'Arcy, décédée en 2012 à l'âge de 84 ans.

Barbara D'Arcy, la femme qui a réinventé l'intérieur américain
Barbara D'Arcy (1928, 2012) est l'une des directrices artistiques les plus importantes du XXe siècle. Née à Manhattan, elle rejoint le Bloomingdale's comme jeune décoratrice au département tissu en 1952, à une époque où le grand magasin cherche à se repositionner vers le haut de gamme.
En quelques années, elle invente une méthode entièrement nouvelle de mise en scène. Plutôt que d'aligner des meubles en rangées comme le voulait la norme, elle conçoit des scénographies complètes mêlant des références aussi improbables que des sculptures africaines, des antiquités françaises, du plastique gonflable et des fourrures. Ses "model rooms" deviennent rapidement un tel événement que le New York Times commence à les couvrir régulièrement.

Des scénographies qui ont changé l'histoire du design
Ce qui rend Barbara D'Arcy fascinante, c'est son refus absolu de la sobriété convenue. Ses "model rooms" étaient des capsules d'atmosphères pensées pour incarner l'air du temps avec une créativité sans limite, aussi à l'aise dans des espaces Hollywood Regency que dans des intérieurs résolument futuristes.
Parmi ses créations les plus mémorables : une salle d'inspiration avec un sol en acrylique bronze, des meubles en plastique transparent et des effets cinétiques lumineux, dont une table programmée pour se déplacer seule dans la pièce et servir les cocktails. Le luxe comme mise en scène totale, l'objet comme personnage à part entière. Ses anciennes collaboratrices ont toutes retenu la même leçon : elle apportait le théâtre dans le magasin.

Ce que Barbara D'Arcy et Club Barbara ont en commun
Je porte le prénom Barbara (ce n'est pas celle-ci qui a inspiré mes parents ce jour-là, mais il y a dans cette coïncidence quelque chose qui m'amuse). Plus sérieusement, ce qui me lie à son travail, c'est une conviction partagée : un intérieur est d'abord un point de vue.
Elle a posé les bases d'un langage décoratif que les grandes maisons de design des années 70 allaient amplifier. Le mélange audacieux, la forme extravagante assumée, la couleur qui n'a pas peur d'elle-même. Chez Club Barbara, c'est la même logique qui guide chaque sélection. Un lampadaire vintage en laiton ne s'explique pas, il s'impose. Un léopard en céramique italienne ne décore pas une pièce, il la définit. Ce sont ces précisions-là, choisies avec intention, qui transforment un espace en univers.
L'héritage du design vintage des années 70 et 80, aujourd'hui
Barbara D'Arcy voyageait à travers le monde entier pour trouver ses inspirations et fut parmi les premières Américaines à visiter la République populaire de Chine après la normalisation des relations diplomatiques en 1972. Cette curiosité absolue, ce refus des frontières entre les styles et les cultures, est exactement ce qui caractérise le meilleur du design de cette décennie, du mouvement Memphis aux intérieurs de Palm Springs.
Les pièces que l'on trouve aujourd'hui sur clubbarbara.fr (céramiques italiennes signées, lampes en verre de Murano, verreries aux formes organiques, sculptures animalières en céramique) sont les héritières directes de cette époque. Pas des objets nostalgiques. Des pièces qui ont une présence, une puissance esthétique, et qui continuent d'imposer leur caractère dans un intérieur contemporain.

Trouver ces pièces rares aujourd'hui
Le design vintage haut de gamme des années 70 et 80 (Hollywood Regency, Memphis Design, Palm Springs) connaît depuis plusieurs années un regain d'intérêt considérable chez les collectionneurs et les décorateurs d'intérieur. Non par nostalgie, mais parce que ces objets ont quelque chose que la production contemporaine peine à reproduire : une personnalité propre, une présence physique, une narration visuelle.
C'est exactement ce que j'ai voulu rassembler chez Club Barbara depuis 2020. Des pièces sélectionnées pour leur singularité, documentées avec précision, proposées dans un espace pensé comme un décor autant que comme une boutique, à Sète et en ligne sur clubbarbara.fr. Le mobilier vintage côtoie les luminaires, les céramiques signées répondent aux pièces de verre : chaque objet est choisi pour ce qu'il apporte à l'ensemble.
Comme Barbara D'Arcy l'avait compris bien avant tout le monde : ce n'est pas l'accumulation qui fait l'intérieur. C'est le choix.