Une panthère à l'affût, un tigre rayé aux émaux profonds, un léopard aux taches peintes à la main posé sur une console : ces pièces occupent un espace comme peu d'objets le font. La panthère en céramique vintage des ateliers italiens, français et espagnols des années 70 n'est pas de la décoration au sens commun du terme. C'est un objet de caractère, issu d'une époque où l'intérieur était un véritable manifeste, où chaque pièce choisie disait quelque chose de précis sur celui ou celle qui l'avait placée là. Cette époque est celle du maximalisme assumé, du velours et du laiton, des miroirs fumés et des surfaces laquées. Et au cœur de ces intérieurs, souvent, un félin en céramique émaillée.
Club Barbara en rassemble aujourd'hui les modèles les plus saisissants dans sa sélection de félins en céramique vintage.

De la panthère Cartier au salon californien : un symbole qui traverse les époques
L'obsession pour le félin dans les intérieurs des années 70 ne surgit pas du néant. Elle s'inscrit dans une longue tradition de fascination pour l'animal comme allégorie de puissance et d'élégance. En 1933, Jeanne Toussaint est nommée directrice artistique de Cartier par Louis Cartier. Cette femme au tempérament féroce, que son entourage surnomme déjà "Pan-Pan", va faire de la panthère l'emblème absolu de la maison. En 1948, la panthère Cartier apparaît pour la première fois en trois dimensions : montée sur un cabochon d'émeraude, pavée de diamants et de saphirs. La duchesse de Windsor en est l'une des premières acquéreuses. Barbara Hutton et Maria Félix suivront. Le félin devient ainsi, dans les milieux les plus avertis, le signe d'une certaine idée de la femme : indépendante, magnétique, refusant les codes convenus.
C'est dans ce sillage que les décorateurs et ateliers des années 70 vont s'engouffrer, en transposant ce symbolisme dans la céramique émaillée. La panthère en faïence italienne ou en grès espagnol n'est pas une copie bon marché du bijou Cartier. Elle en est la déclinaison domestique, la version grand salon : même puissance évocatrice, même refus du neutre, même capacité à polariser un espace.
Beverly Hills et les grands fauves : quand Hollywood vivait avec ses félins
Dans les années 70, les félins ne sont pas que des objets décoratifs à Hollywood. Ils sont des compagnons de vie, des symboles de statut et d'une liberté revendiquée haut et fort. Tippi Hedren, star des Oiseaux d'Alfred Hitchcock, fait installer des lions et des tigres dans sa maison de Beverly Hills au début de la décennie. Les photographies publiées dans le magazine LIFE montrent Melanie Griffith, sa fille, dans la piscine familiale avec un lion sur l'épaule. Plus tard, une image devenue iconique montre Hedren dans sa cuisine californienne en compagnie d'un tigre adulte, aussi détendu qu'un chat domestique. Ces images circulent partout. Elles installent une vision de l'intérieur glamour comme espace habité par l'exotisme et la puissance animale, véritable totem.
Jackie Collins, romancière et icône de Beverly Hills, qui vendrait au cours de sa vie plus de 500 millions de livres décrivant les excès de la jet-set hollywoodienne, avait consacré une pièce entière de sa maison aux félins, baptisée sobrement "The Tiger Room". Sa collection de bijoux panthère signés Cartier, mise aux enchères après sa mort en 2015, témoignait d'une obsession totale pour cet animal. Chez Collins comme chez les héroïnes de ses romans, le félin est une déclaration d'intention : puissance, sensualité, refus de la fadeur.

C'est dans ce contexte culturel saturé d'images félines que les ateliers de céramique d'Italie du Nord et d'Espagne trouvent un marché prêt à les recevoir. Les pièces qu'ils produisent dans les années 70 capturent exactement cet esprit : une silhouette reconnaissable, une expressivité rare dans l'émail, une présence physique qui fait tenir l'objet dans un salon aussi bien qu'une sculpture dans une galerie.
Chaumette, Géolocalisation Condé et la tradition française de la céramique animale
Si l'Italie et l'Espagne produisent les pièces les plus spectaculaires en termes de théâtralité, et de réalisme, la tradition française de la céramique animale a ses propres titres de noblesse. Chaumette travaille dans un registre expressif et charnel, avec des émaux aux couleurs denses qui donnent à ses animaux une présence toute particulière. Geo Condé (1891-1980), sculpteur passé par les ateliers de Saint-Clément à Lunéville, signe quant à lui des panthères en céramique émaillée noire d'une sobriété absolue.
Dès les années 1920, la manufacture de Saint-Clément en Lorraine, l'une des plus anciennes faïenceries de France, produit des panthères en céramique émaillée noir ou vert dont la silhouette reste l'une des expressions les plus pures du bestiaire Art Déco. C'est aussi à Saint-Clément, et à la faïencerie de Sainte-Radegonde en Touraine, que travaille Charles Lemanceau : sculpteur formé aux Arts Décoratifs de Paris, il expose en 1925 au Salon d'Automne aux côtés de Le Corbusier et Henri Matisse, et signe un bestiaire en faïence craquelée ivoire qui figure aujourd'hui dans les collections et les ventes internationales les plus réputées. Ses lionnes et ses panthères en émail craquelé ont cette qualité d'abstraction légèrement moderniste qui les distingue radicalement des pièces italiennes des années 70.
Ces deux traditions, la française et l'italienne, ne produisent pas les mêmes objets mais partagent le même esprit : la panthère en céramique vintage est un objet élégant, digne d'un atelier d'art. Le Victoria & Albert Museum conserve d'ailleurs dans ses collections permanentes plusieurs exemples de céramique animale européenne de cette période, témoins de la place que ces objets occupaient dans la production décorative de l'époque.

Ce que Club Barbara sélectionne
La sélection de félins en céramique vintage de Club Barbara s'inscrit dans cette double généalogie. Des panthères noires au regard magnétique, des léopards aux taches précisément posées, des tigres dont les rayures épousent le galbe de la pièce avec une précision d'atelier : chaque félin est retenu pour sa présence, la qualité de son émail, sa capacité à occuper l'espace. Ces silhouettes animales rejoignent dans la sélection Club Barbara les lampes Murano et les pièces de mobilier laqué comme autant de témoins d'une époque à la fois chic et audacieuse.
La panthère en céramique vintage n'est pas un objet nostalgique. C'est une pièce de collection qui a atteint sa maturité, dont la présence dans un intérieur contemporain dit exactement ce que disaient les intérieurs de Beverly Hills dans les années 70 : ici, quelqu'un a choisi avec intention. Le showroom de Club Barbara est ouvert à Sète et la boutique en ligne accessible sur clubbarbara.fr.