Verre de Murano vintage : objet de salon et pièce de collection

Verre de Murano vintage : objet de salon et pièce de collection

 

Une lampe champignon en lattimo opalin, une sphère en verre ambré striée de filets blancs, un cône torsadé dont la couleur vire du rose au corail selon l'angle, un bouquet de fleurs en verre soufflées une par une : chaque pièce de décoration en verre de Murano des années 70-80 porte en elle sept siècles de savoir-faire et une qualité de matière que rien dans la production contemporaine ne restitue. Ce que l'île de Murano a su faire mieux que n'importe quelle autre tradition verrière, c'est donner au verre une lumière, une couleur et une silhouette unique. Une coupe, un fruit en verre posé sur un buffet, une carafe, un luminaire : elles occupent l'espace avec élégance et attirent tous les regards. Ce sont ces objets de désir, aujourd'hui véritables pièces de collection, que Club Barbara sélectionne parmi les productions des ateliers de l'île des décennies 60 à 80.

Fruits en verre de Murano soufflé des années 70, pièces décoratives vintage au savoir-faire italien raffiné, parfaites pour apporter couleur et élégance à votre intérieur.

 

L'île des maîtres verriers et l'invention du luminaire d'auteur

La tradition verrière de Murano remonte au XIIIe siècle. En 1291, la Sérénissime ordonne le regroupement de toutes les fornaci vénitiennes sur cette île de la lagune : officiellement pour protéger la ville des incendies, officieusement pour contrôler un savoir-faire qui faisait la fortune de Venise. Pendant des siècles, les maîtres verriers de Murano jouissent de privilèges exceptionnels en échange d'une clause stricte : quitter l'île sans autorisation expose à des sanctions sévères. Ce monopole jalousement gardé produit une concentration unique de techniques, de mémoire transmise de génération en génération, et d'une exigence qui ne se délègue pas.

La transformation décisive intervient dans les années 1920, quand des maisons comme Venini, fondée en 1921 par le juriste milanais Paolo Venini et le marchand d'art Giacomo Cappellin, commencent à collaborer avec des designers et architectes de premier plan. Carlo Scarpa travaille avec Venini pendant plus d'une décennie, redessinant en profondeur le vocabulaire formel du verre soufflé vénitien et posant les bases d'une alliance entre artisanat d'excellence et regard de designer. Cette alliance, c'est elle qui rend possible les décennies qui suivent : le luminaire Murano comme objet signé, pièce de design à part entière, bien distinct de la production décorative ordinaire.

Les décennies 60 et 70 : l'apogée du verre soufflé

Les décennies 1960-1980 représentent ce que les historiens du design qualifient d'âge d'or de la production verrière muranaise. Les ateliers exportent massivement vers l'Europe et les États-Unis, les collaborations avec des designers extérieurs se multiplient, et les lignes éditoriales se diversifient dans des directions radicalement différentes selon les maisons. Venini travaille avec Gio Ponti et Tapio Wirkkala. Barovier & Toso, née de la fusion de deux familles de verriers parmi les plus anciennes de l'île, développe des séries qui figurent aujourd'hui dans les salles des ventes internationales les plus sérieuses. Mazzega, moins connue du grand public, produit des pièces d'une audace formelle remarquable, notamment ses grandes lampes en verre ambré ou fumé dont les proportions restent sans équivalent contemporain.

Mais l'île produisait bien au-delà de ce que les grandes maisons signaient. Des dizaines d'ateliers plus modestes, dont les noms ne figuraient sur aucune étiquette, travaillaient le verre avec le même niveau d'exigence technique, formés aux mêmes gestes, dans les mêmes fornaci. Ces pièces anonymes circulaient dans toute l'Europe, achetées par des décorateurs, des hôtels, des particuliers qui cherchaient la qualité du verre sans nécessairement chercher la signature : des objets dont la beauté ne doit rien à un label, et dont la rareté est identique à celle des pièces estampillées.

C'est aussi cette époque où Peggy Guggenheim, installée dans son palazzo vénitien (aujourd'hui le musée qui porte son nom, et l'une des collections d'art moderne les plus importantes d'Europe), contribue à la légitimation internationale du verre de Murano en en faisant l'un des fils conducteurs de ses intérieurs. Plusieurs pièces Venini issues de sa collection personnelle sont visibles au sein de la Peggy Guggenheim Collection, témoignage de la place que ces objets occupaient déjà dans les milieux les plus avertis de l'art et du design. 

duo flacons verre Murano iridescent années 70

Lattimo, incalmo, fiori : l'étendue d'un savoir-faire

Ce qui rend les lampes Murano vintage irremplaçables tient d'abord à la nature même du verre travaillé sur l'île. Le lattimo, verre opacifié par adjonction d'oxyde d'étain ou d'arsenic, produit une diffusion lumineuse douce et légèrement laiteuse qu'aucun verre industriel ne restitue. C'est lui qui donne aux lampes champignon de Murano leur lumière particulière : ni froide ni agressive, quelque chose de proche de la lumière naturelle filtrée. La technique remonte au XVe siècle, développée pour imiter la porcelaine chinoise que Venise importait à prix d'or. Cinq cents ans plus tard, c'est toujours le lattimo qui fait la qualité d'une lampe de table posée dans un salon.

L'incalmo est une autre affaire : deux bulles de verre soufflées séparément, en couleurs différentes, puis assemblées à chaud en un seul objet. Le résultat, une bande de couleur franche qui traverse la pièce comme une ligne de partage, est impossible à obtenir autrement. Les lampes en incalmo des années 70 ont cette présence graphique immédiate qui les fait tenir dans un espace comme une peinture tient sur un mur.

Et puis il y a les formes en fleurs, les fiori : pétales de verre déployés autour d'une source lumineuse, souvent en verre ambré, rose ou blanc opalin. Une pièce qui tient autant de la botanique que du luminaire. Dans leur version la plus aboutie, ces formes deviennent des lustres entiers, bras de verre chargés de fleurs et de feuilles soufflées une à une, dont les palazzi vénitiens ont fait leur signature lumineuse pendant trois siècles. La lampe de table en est la version domestique, plus intime, pas moins précise dans son exécution.

Lampe Murano noir et blanc des années 80, pièce vintage au design artistique et intemporel, parfaite pour apporter une touche élégante et rétro à votre intérieur.

Ce que Club Barbara sélectionne

La collection de lampes Murano vintage sélectionnée par Club Barbara s'inscrit dans cette logique : des pièces choisies pour la qualité de leur verre, leur style et ce qu'elles apportent dans un intérieur contemporain. 

On y trouve des formes en verre opalin, des pièces torsadées en verre ambré, des lampes dont les bandes de couleur sont superposées, mais aussi quelques pièces de verrerie et fruits en verre soufflé : une coupe, un raisin en verre ambré posé sur un buffet, une poire coloré. La sélection complète de luminaires vintage est disponible en ligne et au showroom, à Sète.

Les pièces issues des ateliers des décennies 1960-1980 occupent aujourd'hui une position qu'aucune production contemporaine ne vient concurrencer : un verre d'une qualité devenue introuvable, des formes qui n'ont pas pris une ride, une présence dans un intérieur que les amateurs reconnaissent immédiatement. Découvrez nos sélections en verre de Murano au showroom à Sète et sur clubbarbara.fr.